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L’Union européenne, tout en se targuant de protéger ses consommateurs et de promouvoir la libre concurrence, semble aujourd’hui prendre un virage inquiétant. En effet, les mesures récentes visant à imposer des droits de douane massifs sur les voitures électriques chinoises soulèvent des questions sur la véritable finalité de ces décisions. Au lieu de favoriser la concurrence et d’encourager des prix compétitifs, l’UE semble privilégier ses constructeurs nationaux, déjà accusés d’augmenter constamment leurs prix depuis 2020.
Le consommateur européen, lui, n’a jamais autant souffert de ces décisions. Avec des véhicules européens de plus en plus chers, cette taxation supplémentaire sur les voitures électriques chinoises, compétitives et abordables, prive les citoyens d’une alternative plus économique. Le message envoyé est clair : plutôt que de rendre les véhicules électriques accessibles à tous, l’Europe protège ses industriels au détriment de ses consommateurs, alors que ces derniers devraient bénéficier d’une forte concurrence où les constructeurs européens s’engageraient dans une course à la qualité et aux meilleurs prix. Cela permettrait au citoyen européen de rester fidèle à ses marques locales sans en payer le prix fort.
Un recul sur les promesses de concurrence loyale
Depuis des années, l’Union européenne s’est engagée à protéger les consommateurs par le biais de la concurrence libre et non faussée. Pourtant, l’imposition de surtaxes allant jusqu’à 35 % sur les voitures électriques chinoises – en plus des 10 % déjà existants – montre un virage inquiétant. L’objectif officiel est de rétablir des conditions de concurrence équitables avec les constructeurs chinois, accusés de bénéficier de subventions publiques massives. Cependant, ces mesures restreignent l’accès à des voitures plus abordables, obligeant le consommateur européen à payer plus cher pour favoriser les profits des constructeurs historiques, qui, hormis quelques marques allemandes, semblent profiter de toutes les opportunités pour maximiser leurs gains. Il est également notable que plus de la moitié des constructeurs chinois cherchent en réalité des joint-ventures avec des constructeurs européens, comme ce fut le cas pour Leapmotor, initialement distribué par un importateur, puis repris par Stellantis (voir notre article sur le sujet). D’autres marques chinoises, comme par exemple MG, auraient pu justement contribuer à relancer la compétitivité des marques européennes, à l’instar de ce qu’ont fait en leur temps des marques comme Toyota, Kia ou Hyundai, pour ne citer qu’elles.
Une surprotection des industriels plutôt que des citoyens
Si l’UE prétend protéger son industrie automobile – un secteur employant 14 millions de personnes – la réalité est tout autre. Ce sont avant tout les grands constructeurs européens, déjà en situation de quasi-monopole, qui bénéficient de cette politique protectionniste. Plutôt que de s’adapter aux évolutions du marché ou de proposer des véhicules plus accessibles, ces marques continuent de gonfler leurs prix, avec l’appui de Bruxelles.
En imposant des taxes supplémentaires, l’Union européenne crée une situation où les consommateurs doivent compenser l’incapacité des industriels à faire face à la concurrence. Pire encore, cela empêche des marques plus compétitives, notamment chinoises, d’offrir des véhicules plus abordables, freinant ainsi l’accès à des solutions écologiques pour de nombreux Européens.
Une approche contre-productive
Loin de promouvoir une véritable concurrence, l’Europe semble depuis 2020 agir en faveur des grands constructeurs historiques qui, au lieu de baisser leurs prix ou d’innover, persistent dans une stratégie de hausse constante des prix, soutenus par des mesures protectionnistes. En concentrant leurs efforts sur la défense des pratiques estimées « déloyales » des constructeurs chinois, l’Europe semble avoir oublié son engagement primordial : protéger le pouvoir d’achat de ses citoyens.
L’exemple de la taxation des voitures chinoises n’est qu’un symptôme d’un problème plus vaste : l’Union européenne, autrefois un rempart de la protection des consommateurs, se transforme en un défenseur des intérêts des grands groupes industriels, aux dépens des consommateurs qu’elle prétend défendre.