Article LD
Les chiffres d’octobre 2024, pour le marché automobile en France sont alarmants, avec une chute brutale de 11,06 % des ventes en un mois, malgré l’impact supposé positive du Salon de l’automobile de Paris. Avec seulement 135 529 immatriculations, le secteur automobile est en recul de plus de 14 % en jours ouvrés comparables. Les ventes de véhicules utilitaires neufs enregistrent également un déclin de 10 %, marquant un affaiblissement simultané des marchés professionnels et particuliers. Cette dégringolade alourdit un bilan annuel déjà préoccupant, avec une contraction cumulée de 2,75 %, et une tendance à la baisse qui se prolonge depuis le second trimestre.
Une Concurrence Faussée par la Concentration des Marques et Groupes Automobiles
Comment en est-on arrivé à une telle situation ? La concentration des marques de constructeurs et de leurs groupes de distribution, y compris privés, soutenue par une régulation européenne laxiste depuis 2021, est l’un des principaux coupables. En permettant des fusions et acquisitions sans restrictions significatives, les régulateurs nationaux et européens de la concurrence se sont contentés d’une supervision de surface, souvent influencée par les rapports des syndicats de constructeurs automobiles. La Commission européenne, chargée de préserver la concurrence, à la moindre alerte, invoque des moyens d’investigation limités tout en tolérant des pratiques de domination qui nuisent aux consommateurs, aux sous-traitants et aux intermédiaires indépendants, fragilisant l’ensemble de l’écosystème automobile.
La Montée des Prix et le Désespoir des Consommateurs
Cette dynamique de concentration et de laxisme a entraîné une hausse généralisée des prix, rendant les véhicules inaccessibles pour une grande partie des ménages. Les consommateurs, contraints par des loyers d’acquisition disproportionnés par rapport aux valeurs résiduelles, se tournent massivement vers des options low-cost, comme Dacia, ou vers le marché de l’occasion, qui reste une alternative abordable pour un achat confiance, sans avoir à subir diverses formes de leasing prohibitif. Le segment des véhicules électriques peine également à attirer la demande, preuve que le consommateur rejette massivement cette offre.
Une Europe Paralysée, un Marché Fragilisé
Les gouvernements européens, malgré des appels répétés à un encadrement plus strict, continuent de concéder une marge de manœuvre excessive aux grands constructeurs du vieux continent, dont certains jouissent de participations étatiques. Ce modèle de concentration étouffe la compétition et les indépendants, qu’ils soient sous-traitants, mandataires automobiles ou revendeurs indépendant, au profit de groupes puissants et intouchables. L’absence de régulation efficace handicape l’Europe, et en particulier la France, qui voit son marché intérieur perdre en compétitivité et en innovation. Les dernières données montrent un déclin des exportations françaises, signe que l’industrie automobile hexagonale perd de sa vigueur.
Prévisions 2025 : L’Électrique Imposé et la Chute Annoncée des Ventes de 15 % Dès Janvier
À moins que les constructeurs automobiles ne masquent, comme à leur habitude, les chiffres réels en gonflant artificiellement les immatriculations de véhicules neufs à travers des véhicules 0 KM immatriculés sur parc, les mois à venir s’annoncent encore plus difficiles pour le secteur. Avec l’entrée en vigueur de la norme CAFE, notre analyse prévoit une chute des ventes d’au moins 10% par mois jusqu’à la fin de l’année, pouvant atteindre une baisse de 15% dès janvier 2025. En cause : la restriction sévère de l’offre thermique, imposant aux consommateurs un choix réduit aux véhicules 100% électriques. Bien que nécessaire selon Bruxelles, cette politique de transition écologique risque d’étouffer le marché en l’absence d’alternatives abordables et adaptées aux besoins.
Depuis 2021, le consommateur français exprime des réticences croissantes face aux prix élevés et aux contraintes associées aux véhicules électriques, une tendance encore aggravée par l’inflation. La stratégie actuelle, qui impose l’électrique y compris sous forme de leasing, fait fi de ce rejet et des signaux d’alerte. Cette contrainte pourrait paralyser le marché, poussant les consommateurs à reporter leurs décisions d’achat ou à se tourner vers des alternatives.
Les Conséquences pour l’Avenir de la Filière Automobile
Les prévisions pour 2025 sont alarmantes : en l’absence de réformes, des faillites en cascade, une réduction des offres disponibles pour le consommateur, et une compétition étouffée sur le marché européen, à la merci de géants monopolistiques, sont à prévoir. Par leur inaction, l’Europe et certains États mettent en péril l’accessibilité du marché automobile et trahissent leur responsabilité envers les consommateurs, déjà écrasés par une inflation galopante.